Un retour dans une France confinée après 7 mois de voyage au grand air

Comme énormément de voyageurs, nous avons dû prendre une décision face à la crise que traverse le monde au début de l’année 2020. Un mois après notre retour, on revient sur ce choix difficile à prendre et la dissonance cognitive que nous avons eue face à cette situation.

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Le questionnement

Avant d’arriver sur cette décision, revenons quelques mois en arrière. Au début du mois de janvier 2020, en suivant les actualités, nous découvrons le Coronavirus qui se propage en Chine dans la région de Wuhan. Nous en faisons même des blagues de manière innocente avec des mexicains en buvant de la Corona. Nous ne réalisons pas à ce moment là que le virus peut quitter la Chine.

Nous continuons à suivre les actualités françaises pendant notre voyage (pas quotidiennement mais au moins de façon hebdomadaire), c’est alors que comme beaucoup de français on voit le virus arriver en Italie. Nous n’imaginons pas que la France sera aussi en confinement quelques semaines plus tard.

Début mars, nous commençons à recevoir des messages de certains de nos proches, nous demandant la situation au Mexique et si nous prévoyons de rentrer. Rentrer, pourquoi ? Alors que sur le continent américain il n’y a aucun cas. On ne comprend pas cette question et on continue notre voyage. Nous continuons même à nous projeter dans la suite de notre voyage en décidant, pour la première fois, de l’itinéraire pour les 5 prochains mois. On réserve une place au bord d’un voilier pour relier le Panama à la Colombie, on achète même des billets retour de Colombie et c’est alors que Macron annonce que la France « est en guerre… ». Tout s’accélère, nos amis, familles sont confinés. On s’imagine ce qu’ils vivent et on se dit que nous sommes vraiment chanceux d’être là où nous sommes libre comme l’air sur Mojo. Nous posons la question à quelques mexicains de ce qu’ils pensent du virus et la plupart nous disent qu’il y a aucun risque car le virus « ne va pas supporter la chaleur », on a des doutes…

Quelques jours plus tard, alors que nous sommes dans le Yucatan, les premières mesures sur le continent américain sont prises pour empêcher le virus de se propager. La ville de Mérida dans laquelle nous sommes annule les évènements (la démonstration «Pok ta pok», la pelote Maya, nous passe sous le nez !) et les écoles ferment. Le Guatemala ferme ses frontières et les pays d’Amérique centrale suivent un à un. Nous comprenons alors que notre voyage ne pourra pas continuer comme nous l’avions imaginé. Nos amis cyclistes rentrent un à un dans leurs pays d’origine. Deux choix se présentent à nous : se confiner au Mexique (afin de ne pas risquer de faire circuler le virus), attendre que la crise passe et rouler de nouveau sur le continent américain OU rentrer se confiner en France.

La décision

Nous avons alors décidé d’appeler différents amis/membres de notre famille pour demander conseil, 100% nous conseillait de rester là où nous étions, quel était l’intérêt de venir se mettre en confinement alors que nous étions libre et que nous avions à porter de coup de pédale la Mer turquoise des Caraïbes. L’ambassade de France était claire dans ses conseils, il vaut mieux rentrer au plus vite tant qu’il y a encore des lignes aériennes. Ils ont d’ailleurs finit négocié des prix avec AirFrance (merci).

Nos amis que nous avons rencontrés au Mexique ou que nous suivons su les réseaux sociaux, rentrent tous.

Nous savons que nous ne pouvons plus rouler, par ailleurs nous ne voulons pas présenter un risque auprès de la population qui nous accueille, hors de question de propager le virus. Nous avons la chance d’avoir une maison dans laquelle nous pouvons rester à Puerto Morelos (proche de Cancun donc proche aéroport et hôpitaux). Nous nous rendons sur place, la maison est très agréable, la plage magnifique et il y a de quoi faire des réserves. Seul petit hic, nous n’avons pas internet… On ne sait pas si on peut se projeter dans des mois de confinement au Mexique sans Internet. On se dit que finalement si nous ne pouvons pas sortir, y a t’il vraiment une différence entre être enfermé dans une maison en France ou au Mexique ? Nous regardons les billets d’avion ils sont à 3 000 euros et peuvent atteindre jusqu’à 5 000 euros…le choix semble facile à prendre.

Quelques jours plus tard, des cyclotouristes que nous connaissons se rendent à l’aéroport de Cancun. Ils nous disent qu’ils ont pu acheter des billets à 500 euros pour rentrer à Paris. La question se pose de nouveau à nous, et si nous rentrions en France ? On fait le confinement et on s’imagine que l’Europe sortira certainement de la crise avant le continent américain qui n’est alors que très peu touché ? Nous avons une peur qui grandit, et si le Mexique vit une crise à cause de ce virus ? Nous ne pourrions peut être plus trouvé à boire, à manger, mais surtout est-ce que nous pourrons encore rentrer dans notre pays ? Les informations de l’ambassade nous confirme que les vols commerciaux vont s’amenuir jusqu’au moment où l’espace aérien du Mexique risque de complétement se fermer. On saute sur l’occasion de ces billets, il reste 2 places pour un vol 2 jours plus tard. On les achète et la course de la recherche des cartons peut commencer !

Ironie du sort, on se retrouve à finir notre voyage dans exactement là où l’on avait imaginé la fin de notre première partie 7 mois plus tôt, avec seulement 85 km de différence…

Le retour

De tous les scénarios les plus fous qui pouvaient mettre fin à notre périple, le Coronavirus a su tous les dépasser. Cette décision a été extrêmement rapide et à peine prise nous étions déjà de retour auprès de nos colloques à Clichy. Nous sommes évidemment chanceux d’avoir pu rentrer et d’avoir des amis qui nous hébergent mais nous avons un goût amer, un goût d’inachevé.

A l’heure qu’il est on serait certainement en train de quitter le Guatemala pour continuer notre descente de l’Amérique centrale. Nous qui rêvions de la suite de ce voyage il est maintenant très étrange d’être enfermés dans une maison depuis plus d’un mois.

Nous avons deux façons très différentes de vivre ce qu’ils nous arrivent, Lucie a la sensation d’être ressourcée et pense que ça nous facilite la vie en confinement. Thomas est en colère, nous devrions être sur les routes actuellement… passer son année sabbatique à être enfermé et dépenser son argents pour dans une supérette à 10 mètres de la maison l’agace. Ce qui compte aujourd’hui, on en a bien conscience, c’est que nous sommes en bonne santé ainsi que les personnes de notre entourage. On aimerait bien que les mexicains aient raison sur la résistance du virus face à la chaleur. Et puis on essaye de relativiser : il y a ceux qui devaient partir quand tout cela a commencé, ceux qui ont des problèmes de santé, ceux qui luttent contre cette merde, … Bref on est finalement pas les plus à plaindre et on le sait.

Ironie du sort, on utilise pour la première fois les masques que l’on nous avait donner pour pédaler pendant les feux de Californie.

La suite

Notre devise depuis le début c’est « une direction pas de destination » bon notre direction a un peu changé et notre projet a un peu touché sa fin. Pour cette raison, nous avons décidé de profiter de ce retour pour voir les choses différemment. On va prendre cette opportunité des quelques mois restant pour tester le cyclotourisme sur des vélos classiques, nous avons envie de nous challenger individuellement et peut être l’opportunité de se lancer sur plus de piste/chemin…

Mojo a déjà trouvé une super famille pour continuer à faire vivre des moments uniques à des personnes et nous, nous recherchons nos futurs montures. Vivement la fin du confinement pour aller explorer notre belle France et peut être une partie du vieux continent !

On vous tiendra forcément informé sur nos pages Facebook et Instagram et puis peut être que le curseur de notre Polarsteps va reprendre vie… bientôt ?

Fait glisser le bouton « vélo » de gauche à droite pour voir…

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J'y vais

" On fait le deuil, on relativise et on réinvente un nouveau voyage "

Thomas

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