Le détail des routes et chemins au Mexique qui retrace notre itinéraire avec nos coups de cœur et nos galères

Cet article a pour but de retracer notre itinéraire au Mexique, nos coups de cœur ou nos galères, on détaille toutes les routes et chemins. Nous avons essayé d’emprunter les routes conseillées par d’autres cyclotouristes en faisant attention aux conseils des
locaux, aux dénivelés (Mojo n’aime pas quand c’est trop pentu) et surtout à passer dans de jolis endroits notamment les « Pueblos Magicos ».

Après avoir voyagé 3 mois et demi en Colombie Britannique (Canada) et sur la côte ouest des Etats-unis, nous avions complètement perdu l’habitude de regarder les routes avant de se lancer. Il faut dire que de Calgary à Vancouver, nous avions le choix entre 3 grands itinéraires et la décision a été vite prise grâce à nos rencontres. Quant aux Etats-unis, nous avons suivi un parcours très emprunté par les voyageurs (que ce soit en vélo, moto ou van) qui consistait à suivre pour la majeure partie du temps la 101 ou la 1.

On prend goût à ne pas sortir son portable régulièrement pour vérifier que nous sommes sur la bonne route et devoir faire demi-tour suite à une mauvaise interprétation de carte ou, mieux encore, que notre gps nous mène dans un chemin privé ou carrément dans un champs…

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L’arrivée épique au Mexique

Dès les premières minutes au Mexique, nous avons compris que ça allait être différent. L’arrivée à Tijuana fut épique ! Nous avions reçu des conseils de nos amis cyclo qui nous précédaient et également de la warmshower chez qui nous nous rendions… Malgré tout, la difficulté a été au rendez-vous. Bon déjà il faut dire que l’image que l’on a (corroboré par la fameuse carte du Ministère des affaires étrangères) de Tijuana  n’est pas forcément très joyeuse, passer la frontière et changer de pays pour un pays dont on ne maîtrise que très peu la langue, c’était un peu stressant !

La peur de se retrouver sur une grande route avec les « dangereuses » voitures du Mexique ont fait perdre la raison à Lucie. L’envie d’aller dans les petites routes du centre ville a pris le dessus. Nous nous sommes donc retrouvés dans des routes impraticables en vélo en suivant bêtement MAPS.ME, nous avons essayé de rentrer dans une base militaire pour finalement se retrouver sur le périphérique pour rejoindre l’autoroute qui était relativement tranquille !

Donc notre premier conseil sur cette partie là serait d’aller au plus simple, pour rejoindre Rosarito, aller directement sur la route 1. A Rosarito, nous sommes allés chez la seule Warmshower du coin qui est devenu une référence pour les personnes qui passe par là bas en vélo. Elle nous a tout de suite mis dans le bain et répondu aux questions que nous n’avons pas eu le temps de lui poser. Xchelle a fait un document « routas y experiencias de la Baja » avec l’ensemble des retours des personnes qui dorment chez elle sur les routes de la Basse-Californie, de quoi attaquer les routes mexicaines sereinement.

Le désert de la Basse Californie

La Basse Californie était un bon enchaînement avec la Californie, peu de choix de route. Nous avons pris la 1 pour rejoindre Rosarito, puis la 1D (normalement interdite au vélo mais on a eu aucun soucis en passant au péage) jusqu’à Ensenada. Sur les conseils de nombreux cyclotouristes, nous avons décidé avec nos amis Jérémy, Jérémie et Daisy (de Disroad) de prendre la route 3 pour San Felipe puis la 5 pour enfin rejoindre la 1 jusqu’à La Paz.

La route est parfois très jolie et peut aussi parfois paraître bien longue et monotone au milieu des cactus. Nous avons particulièrement aimé lorsque la 5 longe la mer de Cortez et que les paysages redeviennent un peu montagneux, autour de Mulegue. Jérémie de Disroad a fait une jolie vidéo de notre traversée de la Basse Californie

La côte Pacifique, du Sinaloa au Nayarit

Arrivés à La Paz, nous avons pris un ferry pour Mazatlan. Nous avions bien envie de découvrir la côte pacifique du continent mexicain et nous avons entendu parler de spots pour faire du surf.

Nous avons donc emprunté la 15D (le bas côté est plus grand que sur la 15 mais on a eu l’impression qu’il y avait moins de trafic sur la 15) en faisant un détour par Francisco Villa et Agua Verde et nous avons pris une petite embarcation pour Chametla (le plus vieux village du Sinaloa, paraît-il).

Nous avons quitté la grosse route à Chilapa et nous avons ensuite emprunté une multitude de petites routes pour arriver jusqu’à San Blas. Une jolie petite station balnéaire dans laquelle nous avons pu faire un petit peu de surf. De San Blas, nous avons pris la 16 puis la 200 pour rejoindre Sayulita (Pueblo Magico), un endroit parfait pour le surf et découvrir l’artisanat mexicain, seul petit hic, c’est très touristique ! Mais on y a quand même trouvé beaucoup de charme.

Nous avons ensuite continué sur la 200 en passant par la Punta de Mita jusqu’à Puerto Vallarta. Cette partie n’a pas un grand intérêt, on longe des complexes hôteliers démesurés et sans charme.

Au premier abord Puerto Vallarta nous a paru très (trop) touristique mais en quelques jours nous avons appris à l’apprécier.

Le Jalisco et ses montagnes

De Puerto Vallarta nous avons emprunté la 544 pour aller à Guadalajara et au niveau de La Estancia, nous avons emprunté des petites routes pour aller à San Sebastian Del Oeste (Pueblo Magico) et nous avions ensuite prévu d’aller vers Tequilla en roulant sur des petites routes à travers montagnes.

Selon le type de cyclotourisme, on ne le conseille pas forcément…nous sommes tombés à cause de l’état de la route qui était en fait une piste (obligés de retourner à Puerto Vallarta pour se soigner et réparer Mojo) et nos amis Linda et Dominique qui ont continué sur cette route, ne l’ont pas vraiment apprécié. Par ailleurs il y a eu des glissements de terrain à cause de la pluie après notre passage.

Bref il est très certainement plus raisonnable de rester sur la 544 surtout qu’il y a très peu de voitures, l’asphalte est belle et les paysages magnifiques. Pour notre part, nous avons dû prendre un bus pour Guadalajara afin de réparer notre vélo. Nous avons profité de notre visite à Guadalajara pour faire un tour à Tlaquepaque et découvrir son artisanat (Pueblo Magico).

Le lac Chapala entre tourisme et authenticité

Après Guadalajara nous avons décidé de faire un tour au lac Chapala. Pour sortir de la ville, nous avons pris la 80. C’est une route pas aménagée pour les vélos, en mauvais état et dont le bas côté est très étroit (en tout cas au moment où nous l’avons emprunté).

Heureusement, nous avons rejoint la 15 en direction de Jocotepec, cette route est beaucoup plus charmante. Elle est peu fréquentée et nous avons eu le plaisir de découvrir pour la première fois les champs d’agaves qui permettent de produire la Tequila.

Nous avons ensuite longé le lac par le nord en passant par des jolis villages, notamment Ajijic (Pueblo Magico). A l’est du lac, nous avons décidé de ne pas rattraper les grandes routes mais de rester sur les petits chemins qui le longent jusqu’au bout. On a adoré cette partie là, ce n’est plus du tout touristique et les paysages sont très beaux. En revanche les chemins ne sont pas de très bonne qualité et les montées sont rudes, il y avait des travaux d’aménagement de la route lorsque nous y sommes passés donc elle sera certainement mieux dans quelques temps.

La frontière entre le Guanajuato et le Michoacan

Nous avons ensuite pris une route qui nous a fait régulièrement changé d’état, entre le Guanajuato et le Michoacan. C’est la seule partie du voyage durant laquelle plusieurs personnes nous ont mis en garde sur les narcotrafiquants. Nous avons fait en sorte de toujours suivre les conseils des locaux, le principal étant celui de ne pas rouler la nuit.

Nous avons un peu roulé sur la 110, qui est une grande route sur laquelle nous avions un bas côté pour rouler tranquillement. Ensuite nous sommes allés sur des plus petites routes, après la Piedad Cabadas, nous sommes allés sur la 37 jusqu’à Numaran, puis nous avons pris des petites routes et chemins. En passant par le fameux village El Marmol (à l’effigie de ce bon gâteau 😉 ). Nous avons ensuite rattrapé la 27 jusqu’à Cerano, puis nous avons pris une petite route pour rattraper la 43 qui mène à Cuitzeo (Pueblo Magico).

Il n’y avait pas énormément de circulation sur l’ensemble de ces routes donc la balade était plutôt agréable même si les paysages sont un peu monotones. Après ça la route est moins sympathique pour se rendre jusqu’à Morelia. C’est une grosse route sur laquelle le trafic est dense, heureusement il y a toujours un bon bas côté. Morelia est une très jolie ville dans laquelle il y a de nombreuses églises baroques...

Du Michoacan à l’état de Mexico en passant voir les papillons

Par la suite nous avons quitté Morelia pour rejoindre Toluca. Sur la route 126, qui s’est avérée être une route très calme pour quitter la ville, puis nous avons décidé de passer dans les montagnes pour rejoindre Zitacuaro.

Nous nous sommes ainsi retrouvés sur des routes splendides que nous avions quasiment seulement que pour nous. Nous avons quitté la 126 pour rejoindre la 15 en passant par Pueblo Viejo.

Le coin est magnifique et magique, il y a de nombreuses fabriques de Mezcal par ici. C’est comme ça que nous avons eu la chance d’avoir une visite très privée d’une production locale.

Une fois à Zitacuaro, sur les conseils de différents cyclotouristes, nous avons décidé de poursuivre vers le monastère de papillons de Macheros. Nous avons vraiment été déçu par l’endroit en revanche les routes autour était vraiment très belles et très (trop ?) vallonnées.

Il y a beaucoup de production d’avocats. La route étant vraiment trop difficile et voulant avancer plus vite…Nous avons fait du stop et pris un bus jusqu’à Toluca.

Mexico et Puebla, on délaisse un peu Mojo

Autour de Mexico city il y a énormément de dénivelés et après s’être renseigné auprès des locaux qui nous l’ont fortement déconseillé, il était hors de question de rentrer dans la ville de Mexico avec Mojo.

Nous avons donc fait un aller retour en voiture de Toluca pour visiter cette gigantesque ville. Notre warmshower de Toluca travaillait à Mexico donc l’occasion était parfaite.

Ensuite, compte tenu de notre timing, nous avons souhaité rejoindre directement Oaxaca de Juarez en bus pour pouvoir profiter au maximum de cette région ainsi que du Chiapas et du Yucatan avant de passer en Amérique centrale.

Ce n’était pas possible d’y aller directement en bus, nous avons donc dû prendre un bus pour Puebla puis pour Oaxaca. Ce petit détour nous a permis d’observer de près le volcan Popocatépetl et Iztaccíhuatl ainsi que de visiter la ville de Puebla et de découvrir la fameuse bataille de Puebla...

Oaxaca, un coup de cœur de la ville à la côte

Une fois à Oaxaca de Juarez, nous avons passé quelques jours dans cette ville que nous avons particulièrement apprécié. C’est une ville dans laquelle la culture est centrale, elle est certe très touristiques mais il y a une grande activité locale, ça nous a séduit.

Puis nous nous sommes lancés dans un défi sportif (à nos yeux). 246 kilomètres avec 3 016 mètres de dénivelé positif et 4 529 mètres de dénivelé négatif. Nous étions sur la route 131 tout le long pour rejoindre Puerto Escondido. Cette route est parfaite, la plupart du temps elle est plutôt en bon état et il y a très peu de voitures. Il faut quand même faire très attention car il y a des éboulements de terrain et de temps en temps des morceaux entiers d’asphalte sont tombés dans le ravin. Cette route offre des descentes interminables, je ne pensais pas dire ça un jour pour une descente !

De Puerto Escondido, nous avons décidé de longer la côte sur la 200. Même si la route est proche de la côte, elle est dans les terres donc on ne profite pas du tout de l’océan pacifique. Nous avons adoré les alentours de Mazunte. Après une journée difficile, avec la chaleur et le dénivelé et prenant en compte le peu d’intérêt de la route qui « longe » la côte sans que l’on puisse en apprécier le paysage, nous nous sommes rendu compte que la route allait être pénible pour rejoindre San Cristobal, nous avons donc décidé (une fois de plus) de prendre un bus pour pouvoir prendre du temps et profiter des endroits par lesquels nous allions passer.

Dans les montagnes du Chiapas de San Cristobal à Palenque

San Cristobal est une ville très sympathique au milieu des montagnes, nous avons malheureusement trouvé qu’elle est dénaturée par le tourisme, il n’y a quasiment que des bars et des restaurants.

Nous avons ensuite décidé de rejoindre Palenque, un nouveau défi sportif. 213 kilomètres avec 2428 mètres de dénivelé positif et 4 497 mètres de dénivelé négatif. Cette route est magnifique, au milieu des villages Mayas, des cascades et de la nature très dense. Il y a sur la route la fameuse Agua Azul, on hésitait à y aller car on avait entendu que c’était un lieu très (trop) touristique. Nous n’avons pas résisté à la descente pour nous y rendre et on n’a pas regretté, le lieu est magnifique. En revanche les infrastructures touristiques laissent penser qu’il y a parfois énormément de monde, nous y sommes allés un jour de semaine et nous étions quasiment seuls. Nous avons demandé à un restaurateur de nous remonter avec son pick up, pas envie de refaire la même route avec un tel dénivelé positif.


Une fois à Palenque, nous avons visité l’ancienne cité Maya, un lieu très bien conservé et restauré, qui vaut le détour. Nous avions ensuite planifié de prendre un bus pour Mérida. Nous aurions adoré pédalé dans le Campeche mais nous avions aussi envie d’aller un peu plus vite pour découvrir l’Amérique Centrale avant la saison des pluies.

Le Yucatàn et ses cenotes et la mer des Caraïbes

C’est à partir de Mérida, que le coronavirus est venu bouleverser un peu nos plans. Nous avions décidé de rejoindre Tulum puis partir au Sud pour découvrir Bacalar et passer au Belize.

Le destin en aura voulu autrement. On a eu la chance d’avoir des amis qui nous ont proposé une maison à Puerto Morellos, proche de Cancun donc on s’est dit que c’était un bon endroit (proche d’un aéroport international et avec des hôpitaux au cas où) pour attendre de voir la tournure des événements.

Après un petit arrêt à Mérida le temps de visiter la ville et quelques cénotes. Nous avons quand même pris la route pour Tulum en passant par Valladolid.

Nous avons essayé lorsque c’était possible de prendre des routes secondaires. Nous avons beaucoup aimé la partie entre Mérida et Valladolid, sur la route 25, la traversée de plusieurs petits villages et une population très accueillante. La 180d était plus pénible, beaucoup de circulation, aucun village et des routes droites sans fin.

De Tulum, nous avons décidé de remonter la côte jusqu’à Puerto Morelos sur la 307. Il n’y a pas d’autres options que cette route pour rejoindre ces deux villes. Honnêtement ce n’est pas adapté aux vélos mais il y a quand même la place pour se sentir en sécurité. La route n’a aucun intérêt en tant que tel mais parfois on est obligé de prendre ce type de route. Nous avons fait quelques arrêts au bord de la route pour profiter de cenotes gratuites et évidemment de la côte et de son eau bleue turquoise.

La pandémie, nous a contraint de prendre la décision de rentrer en France au départ de Cancun pour différentes raisons que nous ne manquerons pas de détailler dans un article consacré à ce choix.

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